Rubrique Environnement

Le refus à l’intelligence

Avec l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis s’est ouvert une période où, pour la première fois depuis l’émergence d’« Homo sapiens », les lubies et la folie d’un seul homme pourront avoir une influence irréversible sur la planète entière. C’est ce qui s’appelle la trumpocène, le pendant de l’anthropocène –, caractérisée par l’influence dominante d’une seule espèce (la nôtre) sur les grands cycles biogéochimiques.

Couverture du livre 1984 de George Orwell
S’il est maintenant alarmant de voir que cet homme a dénoncé l’accord de Paris sur le climat, ce qui entre nous était à prévoir, il est encore plus grave de penser que celui-ci ayant le pouvoir d’un dictateur, remet en cause d’une manière arbitraire tout un processus de réflexion sur le devenir de l’homme. Il ne remet pas en cause que son avenir, mais aussi sa réflexion, son cheminement intellectuel ayant permis de comprendre, d’analyser mais aussi d’expliquer notre poids sur le climat. A travers sa décision, c’est le retour à l’intelligence binaire qui est sacralisé. Une manière de dire que le poids de la science et de la réflexion ne servent à rien, seul compte ce que nous savons et voyons. Un refus donc à l’intelligence tout simplement.
Et c’est cela qui est le plus inquiétant à travers ce geste, c’est qu’il nous renvoie dans ce que nous appellerons le premier pas vers une pensée orwéllienne. Celle qui dit "si le chef dit que deux et deux font cinq – eh bien, deux et deux font cinq".



Par laurent, publié le jeudi 8 juin 2017
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