Rubrique Blabla & Cie

La peur nous gouverne

L’état d’urgence ayant été approuvé par le parlement français le jeudi 19 novembre avec la prolongation de 3 mois d’une « loi d’exception » ; nous voici pour temps trop long, dans un moment où nos libertés sont restreintes.
Ainsi, pendant toute cette période :
- les préfets peuvent interdire sous forme de couvre-feu la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux précis et à des heures fixées par arrêté,
- les préfets peuvent instituer « des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé », interdire de séjour « toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics »,
- le ministre de l’intérieur peut assigner à résidence toute personne « dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics »,
- le ministre de l’intérieur ou les préfets peuvent « ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacle, débits de boissons et lieux de réunion » et « les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre » ainsi qu’« ordonner la remise des armes de première, quatrième et cinquième catégories ",
- par disposition expresse, le ministre de l’intérieur et les préfets peuvent ordonner des perquisitions à domicile « de jour et de nuit », prendre « toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et de la radio ». Les perquisitions peuvent être faites sans le contrôle d’un juge,
- la juridiction militaire, via un décret d’accompagnement, peut « se saisir de crimes, ainsi que des délits qui leur sont connexes »,
- enfin, le refus de se soumettre peut être passible d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux mois et d’une amende de 3 750 euros, ou les deux.

Le Cri (en norvégien : Skrik) d’Edvard Munch


Quelques députés ont osé dire non au mot d’ordre du parti politique qu’ils représentent, de voter pour un tel état. Il en est ainsi du député Pouria Amirshahi, député socialiste des Français établis hors de France qui s’en est expliqué ici. Il fallait un certain courage car le journal L’express nous apprend qu’il devra comme deux autres de ses collègues venir expliquer son vote au siège du Parti socialiste. Risque-t-il la bastonnade en place publique ou d’être mis en prison ? N’oublions pas aussi Isabelle Attard qui a voté elle aussi contre la prolongation de l’état d’urgence. En tout cas, on voit bien que l’hystérie collective prend le pas sur la raison, créant par là même un climat de peur.
Un climat de peur comme nous disions, entrainant par le fait de cet état d’urgence, des abus de la part des autorités qui détiennent les clés de ce « pouvoir ». Nous en voulons pour preuve le « Recensement des joies (ou pas) de l’état d’urgence en France » fait à l’initiative de la Quadrature du Net, montrant qu’aux fils des jours et des semaines, les autorités administratives en charge de « rechercher des éléments susceptibles... » prennent des libertés de plus en plus importantes vis à vis des français. La file des abus s’allonge mais personne ne dit rien. Toujours la peur !
Ceci nous amène à poser les questions suivantes : combien de temps va durer cet état d’urgence sachant qu’il peut très bien être renouvelé par le Parlement et pour lequel personne ne voudra prendre le risque qu’il soit arrêté ? Mais surtout, en cas de nouvelles attaques sur le sol français de ces « énormes trous du cul », le gouvernement prendra-t-il la liberté de proclamer la « loi martiale » ou « l’état de siège » ? Pile c’est l’état de siège, face c’est la loi martiale ?
La peur nous gouverne, diminuant peu à peu les libertés qui sont les bases même de la France. Jusqu’à quand ?



Par laurent, publié le mardi 8 décembre 2015
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