Rubrique Blabla & Cie

La dérive sécuritaire

En décembre 2016, nous écrivions ici même dans un article intitulé "LA PEUR CONTINUE DE SÉVIR"..."En tout état de cause, quel que soit le prochain président de la République, élu en avril 2017, il est fort probable qu’il ne suspende pas l’état d’urgence, par crainte que les attentats reprennent. A moins qu’entre temps, ceux-ci se « soient invités » lors de la valse à deux temps des élections présidentielles, entraînant (presque) de facto un pays en état de guerre civile entre chrétiens et musulmans.".
Aujourd’hui, juillet 2017, l’état d’urgence va être prorogé pour encore six mois, mais avec une singularité en plus : ce qui était exceptionnel va devenir ordinaire. En effet, le président de la république Mr Macron a décidé de mettre les possibles de l’état d’urgence dans les actes administratifs de tous les jours. En clair, je le redis ce qui hier était exceptionnel deviendra demain ordinaire, permettant ainsi des interdictions de se déplacer, des perquisitions aux domiciles des personnes même en pleine nuit, etc.... Bref, la police administrative prend le pas sur la police judiciaire. Cela veut dire que les ministres concernés (Intérieur et Armées) ne seront pas obligés de passer par la case juge d’instruction, procureur, juge des libertés, pour faire leurs petites cuisines. Jamais en temps de paix, notre pays n’avait connu une telle réduction de nos libertés et de nos possibles. Car, ne nous leurrons pas, à partir de ce moment où l’exception deviendrait une règle, tous les possibles de la part du gouvernement sont prévisibles : prolongement de la longueur de la garde à vue, interdiction de déplacer comme de sortir du territoire, de manifester ou pire d’exprimer son point de vue, peine de prison assortie d’obligations, etc....
Comme on le voit, sous couvert de combattre le terrorisme on restreint peut à peut en douceur et sans douleurs nos libertés, emportant un pays dans une sorte de dictature, ne disant pas son nom. Même si les médias existent toujours, le droit à l’expression existe (presque) toujours, nos droits sont respectés, mais tout cela n’est qu’une façade nous endormant graduellement. Il serait préférable, même si cela peut choquer, d’être pour les opposants au pouvoir en prison comme ceux actuellement en Turquie, plutôt que continuer d’avoir un semblant de liberté tout en étant surveillé à tous les instants. Au moins "l’ennemi" serait identifié et clairement défini alors qu’aujourd’hui en France, il agit avec un grand sourire de façade mais prêt à nous donner un coup de couteau.

Voilà le sentiment que nous avons avec la dérive sécuritaire qui s’installe, nous entrainant dans une sorte de dictature démocratique. C’est donc à nous de surveiller les gouvernants et savoir dire non à tel ou tel processus. Comment ? Tout d’abord par notre bulletin de vote lors de chaque élection quelle soit municipale ou nationale, mais aussi en s’investissant plus dans la défense de nos droits. Et l’Internet peut nous aider. Alors à nous de nous montrer et savoir dire non. Rapidement car sinon il sera trop tard !


P.S. : En complément de cet article, nous ne pouvons que vous conseillé celui publié sur le site La Quadrature du Net et intitulé "État d’urgence : de l’exception à la permanence, les parlementaires au pied du mur".


Par laurent, publié le samedi 22 juillet 2017
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