Rubrique Québec

020515 - Soleil, neige et belle voiture

Une drôle de journée pour ce 2 mai, où nous aurons connu le soleil et la neige. Oui vous avez bien lu la neige. Mais pas celle qui va consteller votre pare-brise de cristaux quand vous roulez, non celle qui tapisse partout les espaces. Les forêts comme les bords de route, à hauteur parfois de presque deux mêtres.
Petit retour en arrière tout d’abord, avec le gite « A l’abri du clocher » (prieuré du 19e siècle), que nous quittons ce matin avec quelques regrets. Un petit déjeuner très copieux et divin, des hôtes tellement charmants comme les lieux qui racontent une histoire, avec même une Harley Davidson qui se « repose » dans l’entresol du prieuré. Une pure merveille, même si son propriétaire trouve quelle a un peu de poussières.



Il fait beau, roulez jeunesse nous avons envie de dire. Alors nous roulons. Le bitume est noir. Peu de circulation et nous allons ainsi enfiler les kilomêtres avec quand même des haltes pour faire des photographies. Et puis... tiens il fait froid. Toujours aussi froid. Une halte de nouveau, mais là « Au coin des travailleurs ». Nouveaux vétements, nouvelle chemise canadienne pour Laurent. Une vraie, à carreaux rouges et noires et molletonnée à l’intérieur. Pour Joelle, une veste fourrée comme elle aime bien. Plus de vent mais du froid. La mer brille de froid. Elle n’est pas gelée, bien que... certains bords sont encore recouverts soit de glace soit de neige. A Bonaventure, nous allons jazer pendant plus d’une heure avec le patron d’une boutique de souvenirs.
C’est lors de cette discussion à batons rompus que nous apprenenons que les acadiens sont aigris par les décisions prises par le gouvernement québécois qui semble d’après eux laisser de côté la Gaspésie. Pour un territoire plus grand que la Belgique, celui-ci ne compte qu’un peu plus de 100.000 habitants. Rien n’est fait pour durablement enraciner ces pionners qui rappelons-le à vu dans cette région arriver Jacques Cartier. N’oublions pas non plus qu’ils affrontent seuls des hivers longs et rigoureux ne pouvant compter que sur eux-mêmes pour vivre. Les entreprises désertent cette région comme les transports en commun (trains et bus). Rien n’est fait pour retenir les nouvelles générations qui ont plutôt tendance à s’exiler soit à Québec, soit à Montréal, laissant ces grandes étendues sans aucune présence humaine. Les acadiens aiment la Gaspésie, ils apprécient son climat, sa diversité et les possibilités qui s’offrent à ceux et celles qui veulent travailler. Mais trop de taxes sont demandées par le gouvernement alors que dans le même temps les habitants ne voient pas celles-ci se concrétiser par des services offerts, des meilleures routes, etc.... Par exemple, à Percé où nous arriverons en fin de journée, le déneigement des routes couûe 30% du budget communal. Les services municipaux se doivent d’assurer ce type de service et cela coûte cher aux administrés. Et l’état dans le même temps se demande à quoi peut servir la Gaspésie si ce n’est acceuillir quatre/cinq mois dans l’année les touristes. Mais ensuite ? Certains acadiens pensent qu’à terme cette région finira en parc naturel, avec comme des statues vivantes « les vieux » qui avaient l’esprit pionner.
Nous arrivons donc à Percé en fin de journée. La neige borde les routes. Tout est fermé, sauf le dépanneur. Pas un restaurant d’ouvert. Nous allons diner chez nos hôtes et partager notre repas en compagnie d’une couple de belges qui eux aussi vistent la Gaspésie, mais dans l’autre sens.
Petit potin du jour : c’est la première nuit depuis le début de l’année, que les pécheurs de homards partent en mer. Ils sont excités comme des puces. Retour prévu dans le port, demain à partir de huit heures. Pour nous par contre c’est .... dodo.


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Par laurent, publié le dimanche 3 mai 2015
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