Rubrique Québec

010515 - Chic et choc

L`art et la manière de traverser une région s’opère soit à toute berzingue en ne regardant rien sauf le compteur, soit le nez au vent en respirant d’une certaine manière les lieux, appréciant le moment qui passe. Nous avons opté comme d’habitude pour la seconde option pour nous retrouver ce soir au bord de l’Océan Atlantique dans la Baie des Chaleurs.



Ce matin après un copieux petit dejeuner, nous prenons le chemin menant vers saint Nil, en suivant le rang de notre hôte. Pas de bol, la route est barrée par la neige. Aie, demi-tour et direction l’est par la 132. Un couple d’élans nous barre un instant notre « élan ». Voici les monts Chic Choc. De la neige partout et l’eau qui forme des cascades. Il fait 9° et pourtant le soleil est là. Arrêt à un cimetière, en espérant qui sait, trouver un cousin. Pas de bol pour nous, mais découvrons qu’un Dumont repose en ces lieux. Cela fera plaisir à une amie de savoir quelle a un cousin qui repose ici. Arrivés à Amqui, avec du magasinage en règle et même des achats de vétements. Car il fait froid pour nous européens. Pourtant au Lac aux Saumons nous déjeunons en pleine air. Nous continuons la route et sommes barrés une nouvelle fois par la neige alors que nous pensions voir des chutes.
On repart, on s’arrête de nouveau mais là pour faire des photos, en suivant maintenant la rivière aux saumons. Un arrêt dans la ville de Causapscal qui a une histoire à ce sujet [1]. En dehors du passage des villages, la circulation est pour ainsi dire nulle et nous descendons doucement vers la baie des Chaleurs.
Le GPS nous balade encore, nous emmenant à l’ouest alors que la direction est à l’est. Allez savoir pourquoi, il désire nous promener ainsi. On ne cherche pas à comprendre. On l’éteint. Pour nous guider, il y a d’abord la rivière mais aussi la voie unique des chemins de fer. A ce sujet, le gouvernement fédéral met plus en avant le transport des marchandises que celui des voyageurs, avec seulement six trains par semaine, dont trois en soirée pour Montréal. Paradoxe car dans le même temps le gouvernement essaie de promouvoir le développement durable.
Nous sommes à Nouvelle. Nouvelle fin de journée, nouveau gite « A l’abri du clocher » et là... c’est un ancien presbystère situé derrière l’église avec même la chambre de monseigneur où nous allons dormir. C’est grandiose comme lieu. Chaud avec des bibelots partout et une couleur locale bien particulière. Diner à cantine de la Clé de Sol, d’une poutine aux poissons. Une première pour Joelle qui adore. C’est « bourratif » à souhait. Fin de soirée où nous jasons pas mal avec nos hôtes. Rideau !


[1Cette partie de la rivière à saumons, fut à une époque, la propriété de riches américains et canadiens. Personne ne pouvait aller taquiner le poisson au grand jour, les rivières étaient des concessions privées. En 1873, lord Mount Stephen de la Canadienne Pacifique Ralway acheta des lots de terre le long des rivières matapédia et causapspal, connus pour leurs fosses à saumons. Après plusieurs années, ces lots furent rachetés par des hommes d’affaires américains et il fut crée le Matamajaw Salmon Club. Ils ont régnés en « maitre » pendant plus de 60 ans. Il fallait débourser 4000 dollars par an en 1905 pour avoir le droit de pécher. En 1975, « l’opération déclubage » (fin des clubs) commence et l’heure est à la démocratisation Les zones de péches sont ouvertes enfin au public

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Par laurent, publié le samedi 2 mai 2015
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